Je préfère baisser les yeux. Le regard en dit bien trop, il m'a souvent trahie. Quand j'y repense, j'ai comme une boule au creux du ventre, parce que je m'efforce de passer à autre chose sans réellement y parvenir. Des promesses non-tenues. Mais pas pour moi. Tout ce que j'ai dit, durant ces quelques jours ou mois ; peu m'importe comment le temps a passé ; tout était vrai et se perpétue. Malheureusement, il est vrai que je n'ai jamais été aussi sincère. Mes souvenirs devraient se confondre en regrets. J'ai parfois l'impression que mon sentiment de bien-être n'est qu'illusoire, qu'il n'existe pas vraiment et, qu'au fond, je ne pourrais plus jamais être heureuse. Pas comme avant du moins ... Je m'accroche pourtant, mais pas à la bonne prise : l'espoir. Ce même petit truc qui m'avait fait chuter lorsque je pensais encore pouvoir te faire confiance. [...] Lorsque j'y repense, je me souviens qu'au début, tu n'étais pas important. Puis, au fil du temps, j'ai réalisé que ma main ne pouvait en saisir une autre que la tienne. Mais, chétive, tourmentée, je t'ai lâchement abandonné, je sais, sur le bord de mon chemin, tout en espérant que tu reviendrais. Idiote. [...] Mes mots demeurent bien plus véridiques que ce que moi-même ne pouvait imaginer. Le temps réunit-il sans cesse les gens qui sont destinés à s'aimer ? Certains diront qu'il vaut mieux arracher une page, recouverte de regrets, de mélancolie et de douleur afin d'en écrire une nouvelle, même s'il faut du temps. D'autres encore, [...], diront que le temps fait bien les choses et que quelque part, l'amour triomphe. Encore faut-il qu'il ne soit pas à sens unique ... Comment des larmes, des douleurs, des mots qui semblaient si parfaits, peuvent-ils devenir néant sous le poids de la crainte ... J'aimerais tant revenir en arrière, à l'époque où j'étais heureuse, ne manquais de rien, et ne voyais même pas l'aiguille trotter infiniment sur son cadran.
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